Journée d'études "Les soignants et la mort"

Le 27 janvier 2017
Amphi Tillion, Maison de la Recherche Germaine Tillion - Angers

« Les soignants et la mort »

Journée d'études organisée par le Réseau Sciences Humaines et Sociales du Cancéropole Grand ouest
Université d’Angers

En 1977, Léon Schwartzenberg et Pierre Viansson-­Ponté écrivaient dans Changer la mort :
« La mort a changé, la mort change, comme la vie a changé, comme la vie change. Et aussi la souffrance, et la maladie, et la médecine, et la santé. Il est parfaitement vain de vouloir l’ignorer, de refuser de le savoir. Bien sûr, il faut aller son chemin comme si l’on ne devait jamais mourir, sans quoi pourrait-­on vivre ?... Vive la vie, à bas la mort –seulement voilà : c’est important la mort, ne croyez-­vous pas ? Mieux vaut savoir que subir, savoir avant de subir. Qu’ils sont nombreux à proposer, à promettre de changer la vie ! Pourquoi personne ne propose-­t-­il, ne promet-­il de changer la mort ? » Ils ajoutaient pour clore cette réflexion : « Il faut désormais compter avec les malades et même avec les bien portants, malades en puissance.
L'infaillibilité est mise en doute, l’autorité est mise en question, le monopole est battu en brèche. »
Quel état des lieux peut-­on faire sur la relation des soignants avec la mort, quarante ans après la parution de Changer la mort, qu’ils aient été confrontés ou non avec la maladie et en particulier avec le cancer ? Pour cette journée d’études nous souhaitons faire dialoguer les acteurs de la cancérologie : professionnels de santé, psychologues, sociologues, linguistes, philosophes, économistes, associations de patients. Il s’agit de saisir les discours et les représentations sur la mort en services de cancérologie et en soins palliatifs ;soins palliatifs qui sont une priorité nationale avec les plans successifs (programme de développement des soins palliatifs 2008-­2012), la loi Léonetti et la nouvelle loi sur la fin de vie.
Comment les soignants vivent-­ils la confrontation quotidienne avec la mort ? Comment en parlent-­ils, entre eux, et avec leurs patients ? Comment gèrent-­ils leurs propres angoisses, et leur nécessaire distance à l’autre, pour rester des professionnels empathiques et efficaces ? La fin de la vie nous interpelle plus que
jamais et nous ramène, parfois avec sérénité, mais souvent avec violence, à notre humanité dans ce qu’elle a de plus fragile et de plus fondamental.

Contacts : Ghislaine Rolland-Lozachmeur : ghislaine.lozachmeur@univ-brest.fr - Philippe Colombat : colombat@med.univ-tours.fr