« Les droits de l’Homme au défi des nouveaux territoires de la bioéthique »

Le 12 décembre 2018
De 09h00 à 12h30
Assemblée nationale 126 Rue de l'Université, Salle Colbert - Paris

Le 10 décembre 1948, la communauté internationale adopte la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (DUDH). Son 70ème anniversaire cette année intervient dans le contexte français de la révision de la loi relative à la bioéthique que les parlementaires seront amenés à examiner au début de l’année 2019.
Les droits de l’Homme visent à établir les droits fondamentaux rattachés à la nature humaine. La bioéthique – même si l’extension de ses territoires l’implique  désormais dans les champs du numérique, de l’environnement voire du non-humain – place la personne humaine au cœur de ses réflexions, ce dont témoignent les grands principes qui inspirent sa démarche.
Pour reprendre le contenu de la DUDH, ses articles 1 (liberté, égalité, dignité et droits), 3 (droit à a vie, à la liberté et à la sûreté de la personne), 5 (prohibition de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants) ou 12 (immixtions arbitraires dans sa vie privée) rejoignent les fondamentaux de la bioéthique, notamment ceux de l’inviolabilité de la dignité humaine et du corps humain.
Le préambule de la DUDH laisse apparaître que la volonté des rédacteurs a été profondément inspirée par les exactions commises durant la Seconde Guerre Mondiale ayant notamment abouti au Code de Nuremberg (1947). L’idée principale est le rappel du caractère universel de l’humanité, avec l’exigence que chacun de ses membres soient reconnus « libres et égaux en dignité et en droits ».
Notre devoir de démocrate relève du souci de créer les conditions d’une vie politique attentive à la sauvegarde des valeurs de dignité et de justice afin de nous prémunir de toute forme de dérive ou d’inhumanité.
À cet égard, les évolutions sociétales et les avancées technologiques justifient de notre part une vigilance renouvelée. Les idéologies portées par le « tout numérique », le « tout génomique », les «  pouvoirs des neurosciences », « l’augmentation du vivant » voire la mise en cause de la tradition humaniste au nom d’un dépassement de la condition humaine que les avancées scientifiques permettraient, mettent en cause nos principes et interrogent la pertinence même des « droits de l’Homme ». En matière d’intelligence artificielle et de robotique par exemple, les juristes n’évoquent-ils pas l’émergence de nouveaux droits qui pourraient à terme révoquer la primauté des droits de l’Homme ?
« Les droits de l’Homme  au défi des nouveaux territoires de la bioéthique ». Il importe de mener une réflexion éthique et politique qui puisse contribuer) ce que  la bioéthique préserve et renouvelle dans ses argumentations et ses chois une pensée actuelle et engagée des droits de l’homme.

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